Albin Warette & Renato Rocha : Atelier de recherche Circus Incubator à Recife

Renato Rocha, Metteur en scène, dramaturge et pédagogue & Albin Warette, Metteur en scène, comédien et pédagogue

Entretien croisé avec Renato Rocha et Albin Warette qui ont coordonné le processus artistique du second atelier de recherche de Circus Incubator à Recife (Brésil).

 

Comment s’est déroulée votre rencontre ?

Albin Warette Notre rencontre a été très forte. Elle a commencé à trois, avec Jean-Marc Broqua [1] qui, après nous avoir exposé le projet, nous a laissé toute liberté de poursuivre. Et cette liberté a été mise à profit avec générosité et intensité. Nous avons convenu très vite – à distance tout d’abord – que nous travaillerions toujours avec bienveillance et en acceptant les points d’accord mais aussi de désaccord afin d’en produire des alternatives artistiques possibles pour les participants. Il est également très vite apparu que nous avions une accointance artistique spéciale, qui a créé un cercle vertueux dans nos pratiques et nos échanges quotidiens.

Renato Rocha Notre premier contact a été très harmonieux. Dès lors que Jean-Marc nous a expliqué les visées de Circus Incubator, nous avons travaillé à la conception du programme. Pendant la préparation, nous avons cherché à comprendre la façon de travailler et la pratique de l’autre, pour identifier comment elles pouvaient se croiser et s’articuler en complémentarité. Puis nous nous sommes réparti les tâches en veillant à échanger chaque jour le rôle de directeur. Nous avons aussi convenu de moments où laisser les artistes travailler seuls.

Comment avez-vous travaillé ensemble ?

Albin Warette Le mode de travail a été très dynamique. L’idée était de se passer régulièrement la main en présence des participants, de ne pas forcément surenchérir sur ce que l’autre avait dit. Une réunion quotidienne nous permettait de partager à nouveau et de préparer le jour suivant. Nous étions également d’accord sur le fait qu’un programme n’est écrit que pour s’assouplir au contact du moment présent. Il était d’autant plus évident de fonctionner ainsi que nous étions parfaitement en phase sur le fait que les univers artistiques proposés par les artistes étaient au cœur du processus et donc plus importants que tout. Une grande partie des discussions de fin de journée était d’ailleurs consacrée à nos ressentis sur les univers de chacun. Comment les pousser, leur proposer des alternatives, les encourager ou les faire s’ouvrir.

Renato Rocha Nous voulions profiter au maximum du fait de venir de cultures et d’univers artistiques différents. Nous souhaitions préserver cela et nous avions compris que, malgré cela, nos visions se croisaient et nous avions de nombreux points communs. Nous étions aussi d’accord sur le fait que nous n’avions pas besoin d’étre d’accord sur tout. Nous avons défini que la recherche de chaque artiste déterminerait le contenu et la durée des séances. Notre rôle consistait à leur offrir de nouvelles possibilités, de nouveaux chemins, en leur apportant plus de questions que de réponses. Il était aussi important d’explorer la diversité du groupe pour élargir les possibilités dans chaque projet.

Comment s’est déroulée la rencontre entre ces jeunes artistes issus de pays où le cirque semble si différent ?

Albin Warette Il y a tellement de différences, que ce soit dans les approches d’enseignement, le rapport au corps et à la technique, les intentions artistiques, le comportement humain, social et personnel, les affinités et les sensibilités… Pour avoir pratiqué bon nombre de rencontres de ce type, je dirais que l’humain est célébré car les différences qui s’exacerbent petit à petit sont autant de pistes de travail. Ainsi, le regard de l’autre, la curiosité et l’écoute sont sollicités et permettent aux projets de progresser, parfois dans des directions au départ insoupçonnées. Il me semble que chacun arrive avec une idée plutôt arrêtée sur son projet, pour répondre à des critères ou correspondre à des étiquettes, mais qu’ensuite chacun puise dans la rencontre les directions pour faire évoluer son projet, l’approfondir, vers plus d’humanité et d’artistique que de cadre institutionnel. Il apparaît aussi que le meilleur de chaque origine est repris avec enthousiasme par les autres, et que tout le monde en sort grandi.

Le second atelier, qui s’est déroulé à Stockholm, associait les jeunes artistes à des programmateurs. Comment s’est déroulée cette rencontre ?

Albin Warette Le travail de recherche du premier volet était tellement intéressant que ce second volet semblait frustrant sur le papier. Cependant, les rencontres ont eu lieu ; les artistes ont pu parler de leur besoin de créer quand les programmateurs ont plutôt évoqué leur passion pour la création. Les échanges autour de préoccupations communes mais avec une appréhension différente ont été très enrichissants (publics et perception des publics, marchés, réalité financière, goûts personnels…). Et surtout, des ponts ont été créés. Un réseau sans doute également.

 

[1] Responsable des projets européens à la Grainerie, à Balma (31).

 


 

Pour aller + loin…

Le projet Circus Incubator

Page Facebook Circus Incubator

[en Portugais] Biographie de Renato Rocha sur le site de Crescer e viver, école de cirque social, Rio de Janeiro (Brésil)

Interview d’Albin Warette sur le site de Radio Caravane, la web radio de L’Européenne de Cirques, en 2016

Quelques images prises lors de l’atelier de recherche Circus Incubator à Recife, Brésil, du 7 au 11 novembre 2016 :

Crédits photo : Jean-Marc Broqua

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